Cours
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Le
Professeur nous a rendu les copies du devoir facultatif, qui portait
sur la synthèse d’un des cours proposés durant le semestre. Il
nous a félicité, notamment l’amphithéâtre de cette promotion,
pour l’assiduité avec laquelle nous avons suivit le cours, mais
surtout l’échange qui s’est crée à travers les différentes
notions évoquées, et son impact sur nos connaissances et nos
consciences. Je suis certains que nous lui sommes tous
reconnaissants.
Le
Professeur est revenu sur les notions fondamentales du mythe. Il a
pris l’exemple de Rousseau qui disait: « On ne ne peut
d’autant mieux s’approcher de la vertu, quand on a connu le
vice ». La vertu et le vice sont des notions complémentaires,
intriquées dans le langage du mythe: on ne peut les dissocier. Par
exemple, savoir être sobre, c’est aussi savoir s’adonner à
l’alcool dans une certaine mesure: ici la notion de hybris
et sofrosyne sont indissociables.
(Note:
« Sofrocyne » et « Hybris » , se
prononcent respectivement sofrosune et hubris)
Il
rappelle qu’il n’y a pas de pêchés, mais plutôt des penchants
qu’il nous faut écouter pour ne pas en être les esclaves. Ecouter
ne signifie donc pas céder, mais plutôt accepter ne lâchant prise
vis-à-vis de nôtre raison et nos certitudes. Lorsque nous
qualifions Dieu de « grand », il en va de nos repères et
de nos certitudes qui vont à l’encontre du mythe: Dieu est absolu,
il et hors de tous repères ou qualificatifs tel que le commencement
et la fin, car il est éternel.
Le
professeur nous a aussi évoqué deux schéma de labyrinthes, dont le
second est la clé à l’ Encathaleipsis, le lâché prise:
-
Le premier schéma, représente un labyrinthe à plusieurs entrées,
mais dont une seule conduit au centre, à la solution: il en va de
nôtre raison et de nos repères, afin d’élucider laquelle
choisir.
-Le
second schéma est celui d’un labyrinthe où il n’y a pas de
centre. C’est un labyrinthe dans lequel il faut se perdre, se
laisser emporter et lâcher prise, pour pouvoir finalement se
trouver: c’est nôtre propre labyrinthe, fait de paradoxes et des
contradictions qui nous définissent en tant qu’individus ou
« étant ».
Nous
pensons être les maîtres de nos vies, avoir le contrôle sur nôtre
environnement, mais n’est-t-il pas vrai que nous sommes en tant
qu’ « étant », perpétuellement frustrés de
sentir que nos vies nous échappes? Nous nous aimons pour ce que nous
représentons, et non pour ce que nous sommes, parce que nos propres
raisons ne peuvent supporter les contradictions que nos êtres
impliques.
Le
professeur utilise le personnage d’Hercule, pour montrer que ce
dernier ne choisit pas sa route, mais quel qu’elle soit, il la vit
pleinement. Si la vie était un filet d’eau coulant sur nos mains,
il faudrait essayer de ressentir les moindres gouttes qui coulent et
qui tombent, plutôt que de tout faire pour la retenir et la
conserver.
Nous
avons choisi une citation du film « Matrix », et
notamment du personnage de l’oracle s’adressant au protagoniste,
pour illustrer nos propos:
« Tu
n’es pas ici pour faire un choix. Ce choix, tu l’as déjà fait.
Tu es ici pour comprendre pourquoi tu as fait ce choix ».
Quels
que soient nos choix, nôtre destin est scellé par la mort. Il ne
s’agit pas d’être fataliste, car il n’y a que en tant que
« étant » que nous nous représentons la mort comme une
fin, mais plutôt de comprendre que les choix que nous faisons, ne
sont pas la conséquence de ce que nous représentons, mais des
manifestations de ce que nous sommes. Il faut savoir lâcher prise
pour pouvoir comprendre nos choix et finalement nous retrouver nous
mêmes.
Une
question d’un étudiant: Comment ce fait t-il que nous avons
subit une régression du mythe à la raison?
Réponse:
Il
n’y a pas eu de régression. Dans le monde existe un principe
physique, appelé entropie, et qui explique que tout phénomène à
l’origine d’une dynamique tend à une déperdition d’énergie,
mais entraîne aussi la formation d’une autre énergie, intrinsèque
à cette dynamique: rappelons le mouvement mythique de rotation, le
« speïra », qui accompagne une transformation, le
passage d’une forme à une autre. Il fut un temps dans les cultures
où la pensée était foisonnante. Elle ne régressait en rien. Il
est alors arrivé une révolution de l’écriture, qui est restée
figée et cette résistance à la connaissance a elle-même été
créatrice d’une autre énergie: la synthèse des connaissances. Il
n’y a pas eu de régression, mais un phénomène appelé paresse:
l’encyclopédie a simplifiée le monde, avec des hommes capables de
tout connaitre, et qui n’ont donc plus eu besoin de se connaître
Dieu pour expliquer le monde. L’athéisme grandissant est lié à
la notion d’argent: pourquoi nous connaître nous même lorsque
tout est échangeable, achetable? Pourquoi ne pas se représenter
dans se que nous achetons, et donc dans la continuité, ce que nous
vallons?
En
quoi la science est-t-elle une croyance?
Réponse:
Une
croyance est un salut: on pense qu’une croyance va nous permettre
d’expliquer ce que l’on ne peut percevoir, et donc sauver notre
raison. On peut croire en la science, avec l’exemple de traitements
médicamenteux qui soignent des maladies graves. Mais si nous ne
croyons pas à la vertu médicale d’un traitement, nous ne le
prenons pas. Nous ne sommes donc guéri que par nos croyances. Ce
n’est pas tant le remède, que la croyance que nous avons en un
remède qui nous soigne, et l’effet Placebo est la preuve que nous
avons une forme de guérison en nous même. Nous enlevons le pouvoir
de guérir d’un individu lorsque nous lui enlevons ses croyances.
Cette usurpation est notable chez les médecins occidentaux, qui
dictent les croyances concernant ce qui guéri ou non.
Il
est nécessaire de croire en la vérité, car elle nous aide dans
l’illusion de l’existence, à faire face à notre système de
perception, notre réalité, et à vivre pleinement.
Le
mythe est le battement entre les complémentaires. C’est à nous de
savourer ce battement d’un complémentaire à l’autre, et de
remettre en question les croyances qui nous définissent en tant que
« étant ».