Définitions :
Verbe : (Dictionnaire Cnrtl)
- Parole de Dieu adressée aux hommes
- Dieu lui même, incarné en la personne de Jésus-Christ, seconde personne de la trinité.
Phénomène : (Dictionnaire Cnrtl)
Ce qui apparaît, ce qui se manifeste aux sens ou à la conscience, tant dans l'ordre physique que dans l'ordre psychique, et qui peut devenir l'objet d'un savoir.
Symptôme : (Dictionnaire Cnrtl)
Ce qui révèle, manifeste un état de choses; signe, indice avant-coureur d'un phénomène, d'un processus.
Traduction du grec :
Apocalypto : Je dévoile.
Monstro : indiquer.
Onoma : Nom
Nomos : Loi
Nomizeïn : Pencher
Numisma : âme, argent
La notion de VERBE :
Au commencement était le verbe. La notion de verbe est à prendre au sens de parole (voir cour 1). Le verbe ne correspond pas à un mot écrit ou prononcé : c'est une parole auto disante. Cette parole associé au sens de Muthos est antérieur au langage, car elle définit le monde : elle est la manifestation même de l’existence du monde. La parole ne dit pas : elle se renvoie à elle même, elle « est ».
Nous avions évoqué dans le premier cour, la formule « il était une fois », dans laquelle le pronom « il » désigne le mythe : ce qu'il y a avant le commencement.
Par définition, un phénomène commence, dure, et se fini. Il faut bien garder à l 'esprit que ces repères temporels tel que le « commencement », sont intrinsèques à la réalité du phénomène : ils définissent son existence dans sa « réalité », en tant que « étant ».
Un phénomène n'existe que à travers sa réalité et les repères qui permettent de le situer dans cette réalité : il n'est qu'une apparition.
Ainsi, cela signifie qu'il y a quelque chose bien avant le phénomène, en amont du phénomène : qui est au-dessus de lui, qu'il ne peut percevoir. Cette chose va permettre le commencement de ce phénomène. Le mythe qui est en amont du phénomène va mener au commencement de ce phénomène hors de toute intentionnalité.
Attention, le mythe n'est pas la cause du commencement d'un phénomène : les terme « cause » ou « conséquence » n'existent qu'à travers la réalité du phénomène et sont soumis aux repères qu'elle impose. Ces notions ne sont pas applicables au mythe. (le mythe ne peut être défini par des repères).
Ainsi nous sommes incapable de saisir (rapport au repère) le moment où le mythe intervient car il est en amont du phénomène et avant son commencement : le mythe est hors de nôtre perception.
Dans le langage du mythe, l’Évangile (signifiant « bonne nouvelle »), rapporte la « parole » de dieu, et explique le verbe par : « rien ne se commence et rien ne se fini ».
On peut considérer que le verbe (en rapport à dieu) est un mythe de la procréation (ce qui est avant la création). Le verbe est à l'origine de tout ce qui existe : c'est l'origine du commencement de chaque phénomène, la source.
Dans la philosophie de Aristote qui se rapporte à la logique, soit une chose existe, soit elle n'existe pas. Pour Saint Jean qui se rapporte au verbe, il n'y a pas de « non être » : toute chose représente « l'être » (voir cour 1), même ce qui est invisible (que nous ne pouvons percevoir).
Exemple : Le paradoxe de Schrödinger
On place un chat et une fiole contenant un produit hautement toxique dans une boite à travers laquelle on ne peut pas voir. On referme la boîte, en sachant que la fiole est extrêmement fragile et que le chat est susceptible de la briser à tout moment : donc mourir. Dans cet expérience, on ne sait pas si le chat est vivant ou mort une fois la boite totalement fermée.
Dans le langage du mythe (ou la « réalité » du mythe), le chat est vivant ET mort : il n'y a pas de distinction entre les deux notions, puisque le chat « est ». La vie et la mort tels que nous les définissons ne sont que des formes que le mythe englobe. Dans la « réalité » du mythe, l'existence du chat est éternelle, hors de tout repère et de toute notion de vie et de mort. Le « battement » qui se manifeste dans l'existence du chat résonne dans l'éternité que représente le mythe.
Par ailleurs, la physique quantique définie la notion de réalité comme n'étant limité à aucune contrainte (à aucun repère) : la réalité est un « tout », illustré par le mythe et les paroles de Saint Jean. Une molécule qu'elle soit visible ou invisible, « est ».
Le suicide, si il est considéré comme un acte qui a pour but de mettre fin à notre existence, n'est alors pas une solution. En effet, le suicide ne représente qu'un passage d'une forme à une autre (du matériel à l'immatériel), et non pas la fin de l'existence. Nous continuons à exister dans l'invisible (rapport à la notion de mort), même si nous ne pouvons percevoir cet état : nous n'avons aucune connaissance de la mort en tant que forme de l'après vie. Le « battement » qui nous anime continue d'exister sous une autre forme que nous appelons la mort. Dans la culture japonaise, le Seppuku (Hara-kiri), représente une solution dans une nécessité de passage : de la forme matérielle (que nous pouvons percevoir), à une forme immatérielle (que nous appelons la mort).
Dans la cadre du Mythe, la mort n'est pas une fatalité comme on tend à le croire. Elle représente le passage d'une forme à une autre (du visible à l'invisible). D'ailleurs le professeur ironise la pensée logique, en disant : «Nous réussissons nôtre bonheur alors que nous allons tous mourir ». Nous avons peur de la mort car nous ne connaissons et n'expérimentons en tant que humains, que la forme que nous appelons la vie.
Voici quelques exemples qui définissent le verbe qui est la parole de Dieu. Ici, la notion de Dieu n'a pas de rapport à nôtre notion de « religion » : Dieu représente le Mythe.
- Atoum est le dieu masturbateur de la mythologie égyptienne, qui a crée le monde avec sa semence. Il dit : « j'étais avant qu'être ne fut ». Ce dieu représente le mythe de la procréation, dans le sens où il existe avant la création, en amont du commencement du monde, illustré par le terme « être ». Ainsi, il témoigne par sa propre existence de quelque chose que nous ne voyons pas, et dont nous sommes le symptôme : le mythe. Nous sommes des manifestation du mythe, même si nous ne pouvons pas le voir.
- Saint Jean est un martyr (du latin martus, -uros), ce qui signifie : le témoin. Par sa connexion avec Dieu, il témoigne de quelque chose que nous ne voyons pas mais dont nous sommes le symptôme : le mythe. Il explique aussi que le propre de l'homme est de diviser les choses par sa logique. Or, le monde d'après Jean représente une unité. Elle est révélée par le « battement » du monde, qui englobe l'existence de toute chose en ce monde : il n'y a pas de division.
- Le serpent dans le récit de l'arbre de vie, dit à Ève :
Dans ce passage, le serpent explique à Ève que si elle croque le fruit défendu, « elle en sauras autant que Dieu ». L'arbre de vie contient la connaissance du bien et du mal. Lorsque Ève va manger le fruit, elle va connaître la notion du bien et du mal : elle développe alors une notion de contraires, basé sur des repères et la logique humaine, qui représente le jugement et la division. C'est d'ailleurs pour cet raison qu'elle sera exclu du jardin d' Éden, et qu'elle devient humain : elle est exclue du domaine de Dieu, du Mythe, et va être soumise à la réalité du monde humain (la logique).
- Dans le tableau de Léonard de Vinci 'le doigt levé de Saint Jean-Baptiste », le saint pointe son doigt vers le haut : il pointe son doit vers le vide, vers le « rien ». Il veut montrer que ce « rien », qui représente le Christ, arrive. Ainsi il signifie que cet invisible montré du doigt est le mythe même : c'est la présence de Dieu que nous ne pouvons voir. Dieu ne peut être touché ou montré, seulement par ce qui nous entoure, et le fait que chaque chose qui nous entoure existe, donc possède un « battement ».
Le philosophe Martin Heidegger a dit : « Was heisst uns denken ?» dont la traduction littéral de l'allemand est « qu'est ce que nous appelons penser ? ». Dans cette réflexion, le philosophe ne se demande pas tant : « qu'est ce que penser ? ». Mais plutôt, « qu'est ce qui nous appelle à penser ? ». La question qui en ressort est : « qu'est ce qui amène le début de la pensée, et où se trouve le commencement de la pensée ? ». La pensée est donc un symptôme, dont l'origine est lié au mythe : il y a quelque chose en amont de la pensée, qui va conduire au commencement de cette pensée, et qui est hors de toute perception.
Dans la phrase : « Elle s'est préparé une tarte », le participe passé « préparé » ne s'accorde ni avec « elle », ni avec « tarte ». On accorde « préparé » avec le « s' ». Ce « s' » est lié au mythe. Il représente ce qu'il y a en amont de la pensée de préparer une tarte. Le mot « préparé » est neutre car il se rapporte à une notion hors de tout repère, représenté par le « s' ». C'est ce « s' » qui va conduire à l'apparition de cette pensée, et à sa naissance : mais on ne peut pas savoir quand se situe le commencement. Le « s' » qui est lié au mythe, se trouve hors de tout les repères propres à nôtre réalité. Nous ne pouvons pas le percevoir.
Dans le film de Jean Cocteau « Orphée », il y a un passage où la mort dit : « la vie n'est que le mauvais rêve de quelqu'un d'autre ». Par cette phrase, Cocteau fait une mise en abîme de la réalité humaine. Il veut mettre en évidence le fait qu'il y à quelque chose à l'origine de nos actions qui nous dépasse : que nous ne pouvons percevoir. L'origine même de nos pensées et et de nos actions, en tant que « étant », est lié au mythe. Nous définissons nôtre réalité comme ce que nous pouvons percevoir : ce qui nous entoure. Or, la « réalité » du mythe englobe notre propre réalité et nous ne pouvons pas la percevoir. Nous sommes des symptômes du mythe et le mythe est à l'origine du commencement de nos actions.
Nous allons illustrer nos propos précédent avec l'exemple du film « Matrix » des frères Wachowski :
Dans ce film, les hommes pensent vivre dans une réalité qui n'est qu'un monde virtuel inventé par des machines : la matrice. Les machines gardent les hommes connectés à cette matrice, grâce à un sommeil artificiel : rapport à la notion du rêve. Ainsi les personnes connectées se voient dictés des repères par la matrice, tel que leur condition sociale, qu'ils assimilent à une réalité. Dans la réalité des machines, il y a des hommes qui ne sont pas soumis au fonctionnement de la matrice et qui sont conscient que la matrice génère une « fausse réalité ». Dans le film, il y a donc la « vrai » réalité où existent les machines et les hommes, et la réalité du « rêve » qui est celle de la matrice et des hommes connectés. De plus il faut remarquer un détail important : si un homme connecté à la matrice et sa réalité meurt, il meurt aussi dans la réalité depuis laquelle il est connecté. Ainsi, quel que soit les repères, quels que soit la réalité dont on parle, l'« étant » reste toujours éphémère, mais l'« être », que l'on peut comparer à l'âme si on veut imager nos propos, perdure et travers les différentes formes qui nous définissent comme la vie ou la mort.
Dans les années 50 vont apparaître les Comics, qui représentent la création d'une mythologie américaine. Ainsi différents comics illustrent la notion de mythe et nous étudierons le cas précis du Batman. Prenons l'exemple du film « Batman Begins » de Christopher Nolan. Dans ce premier volet de la trilogie, il nous est présenté les sous fondements du château Wayne qui représentent l'infra monde du château (ou monde souterrain). On nous explique alors que dans ces grottes vivent des chauves souris, qui vont provoquer une phobie chez Bruce Wayne enfant, et que cette même phobie sera à l'origine du Batman : Bruce va surpasser sa peur, et va devenir un justicier dans un costume de chauve souris. Ainsi, l'origine du Batman proviens de ces chauves souris qui habitaient les grottes du château avant même la construction du château. Ainsi le commencement du Batman se situe avant même la construction du château: il se trouve dans la grotte, avec les chauves souris. Le mythe du Batman se situe bien avant la phobie de Bruce Wayne : il se situe à l'époque où la grotte est apparue et que des chauves souris ont commencés à y habiter. Ce sont elles qui avant même la naissance de Bruce Wayne allaient le conduire à devenir le Batman. Ainsi le château et les grottes en dessous de ce dernier représentent le Chôra, qui par différentes interactions à mené à la création du Batman. Dans cet exemple les chauves souris sont le mythe : on ne sait pas à quel moment elles sont apparues et ni même pourquoi à un moment précis elles étaient prédestinés à faire peur à Bruce Wayne, mais elles sont à l'origine du commencement du Batman.


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