lundi 17 décembre 2012

Cours n°10


Cours 10




Définitions :



Avatar : (Dictionnaire de l'académie française)



 Emprunté du sanscrit avatara, « descente sur terre d'êtres supraterrestres », composé de ava, « en bas », et d'un dérivé de tarati, « il traverse ».




Catharsis : (Dictionnaire de l'académie française)



Emprunté du grec katharsis, « purification, purgation ».




Penchant : (Dictionnaire de l'académie française)



 Propension, inclination naturelle .





La notion de démembrement.



Il y a un lien indéniable, un tressage entre Dionysos et Zagreus, dans le mythe de Zagreus et des titans :



Héra envoie des titans à la poursuite de Zagreus enfant, dans le but de le tuer. Les titans vont réussi à amadouer Zagreus avec des jouets et notamment des miroirs : Zagreus se donne à la multiplicité des miroirs qui lui sont présentés. Zagreus se voyant dans ce se jeu de miroir, éprouve un plaisir de ce qu'il ne possède pas : il possède l'unité mythique, il est « un ». A travers les miroirs il passe de l'unité à la multiplicité, en se dédoublant dans ses reflets. Les titans vont le démembrer, le mettre en pièce et dévorer son corps à l'exception de son cœur : il rejoint le mythe de Dionysos car tout comme lui il est dévoré par les titans et la seule partie qui restera de son corps sera le cœur. Ils sont tous deux disloqués dans la multiplicité : il sont éparpillés dans le tout, et donc sont donc assimilés par l'univers. Le cœur, que ce soit celui de Zagreus ou de Dionysos, sera recueilli par Athéna. Dans le mythe de Zagreus, le cœur sera donné à Zeus qui l'implantera dans une jeune vierge : Sémélé. Cette transplantation du cœur de Zagreus a un lien direct avec celle de Dionysos : il représente le cœur de Dionysos. Il y a un tissage entre ces deux personnages qui peut amener à représenter Zagreus comme l'avatar de Dionysos.

Le caractère réel du mythe quel que soit sa version rejoint l'aspect d'un réseau, d'un labyrinthe, d'une transplantation entre mythe et d'un tissage des éléments : ici le cœur représente ce lien à travers le tissage et la transplantation.


Nietzsche possède une théorie qui s'illustre à travers Dionysos et Apollon :



« À Apollon correspond la contemplation sereine du rêveur qui a cessé de vouloir, c’est le dieu de l’individualité, de la mesure, de la conscience. Dionysos au contraire nie le principe d’individualité pour célébrer sauvagement la réconciliation de l’homme avec la nature. »



Il fait l’erreur d'opposer Apollon et Dionysos car dans le mythe, ces deux êtres ce sont pas des contraires : ils se complètent.



Le tressage mythique possède un analogie significative avec la génétique et notamment le brassage génétique : nous représentons un brassage de gènes qui perdurent et se mélangent, se tressent depuis des générations et qui se se manifeste à travers notre existence. Si l'on élargie ce schéma à l' « être » que nous représentons, nous sommes constitués de milliers de fragments d' « êtres » : nous sommes kaléidoscopique.

Zagreus est un personnage qui s'est démultiplié dans l'éternité mythique. Dans la continuité de ce raisonnement, on peut affirmer que l'humain possède en lui une partie de l'unité de Zagreus, dans le tressage mythique qu'il représente.





Représentation du démembrement :



British Museum, Le supplice de Dionysos, Vase attique, IVe siècle av. J.C.










Le personnage de gauche porte le Thyrse : un long bâton évoquant un sceptre, orné de lierre et surmonté d'une pomme de pin, qui est l'attribut majeur de Dionysos. Dionysos regarde le personnage du milieu qui a le même physique que lui : ce personnage porte un enfant désarticulé, démembré, qui résulte d'un sacrifice, d'un rituel qui touche la multiplicité. Le personnage de droite, physiquement semblable aux deux autres, semble être un initié qui prenait part au rituel : on pourrait croire qu'il fuit la scène. Il semble fui épouvanté par le sacrifice : en réalité il ne l'est pas car il continue de regarder la scène même si il marche dans le sens opposé.



L'enfant qui est dans les bars du grand prêtre est Zagreus qui rappelons le, est l’avatar de Dionysos. Ainsi le dieu ordonne son propre abandon, sa propre multiplication. Il passe de l'unité au multiple par le démembrement. Le dieu Dionysos à gauche est aussi le personnage du milieu : il ordonne donc son propre démembrement. A droite, le personnage est aussi une représentation de Dionysos qui avance en regardant derrière lui son propre sacrifice : il n'est pas dans la fuite.



La signification de son acte est la suivante : il va dans une direction qui représente «  ce qu'il va devenir », tout en regardant « ce qu'il a été ». Il n'oublie pas qu'il est à l'origine d'une démultiplication et se dirige vers son « destin », ce qu'il va devenir. On ne grandit pas indépendamment de ce que l'on fut mais en demeurant ce que l'on a été : l'homme grandit à partir de l'enfant qu'il est. Pour imager ces propose, nous pouvons prendre l'exemple de la plante qui regarde vers le ciel, et qui pousse vers le haut, mais qui pousse grâce à ce dont elle se nourrit dans le sous sol où demeurent ses racines.



Cette signification a un rapport direct avec les Moires, qui sont les déesses du destin. Elles sont trois divinité : Clotho, Lachésis et Atropos. Leur rôle est de « dispenser aux hommes les biens et les maux ». Clotho signifie « la fileuse », elle st celle qui tresse « le destin ». Lachésis signifie « la réparatrice », elle est celle qui tient la bobine de fil et qui le déroule. Quand à Atropos, qui signifie « l'implacable » ou « celle qui ne se tourne pas », elle est celle qui coupe le fil. Leur travail de filage s' achève au moment de la naissance et se poursuit pendant toute la vie d'un être jusqu'au moment où tout le fil a été entièrement déroulé du rouet : Atropos coupe alors le fil.



Leur représentation dans « Le Triomphe de la mort ou les Trois Destinéestapisserie  flamande (v. 1510 -1520 ) », est très similaire à la représentation de Dionysos que nous avions évoqué précédemment. Dans cette représentation, les trois divinités danse sur une femme qui représente « Cathareuetes », la Catharsis. Cathareuetes signifie «  celle qui est élaguée, purifiée ». C'est une vierge, qui représente la pureté originelle, dans le sens ou elle n'a pas encore la capacité d'expérimenter, d'aimer ou être aimé. Les trois divinités dansent sur elle pour émettre un symbole : celui d'une continuité, d'un battement, d'un élagage , pour favoriser son développement. C'est une vierge qui est dans l'attente de son destin et qui sera « formée » à partir du moment où le sort de son existence sera donné par les divinités : elle est dans l'attente du tressage de son destin. Dans cette représentation, Clotho et Lachésis sont les seules à regarder le spectateur : Atropos « l'impassible » est la seule à détourner le regard : le même regard de Dionysos qui regarde son propre sacrifice.



Cette représentation rejoint celle de Dionysos dans le sens où elle représente la multiplication que chacun de nous est ou devient : le tressage mythique lié à la multiplicité, que l'on retrouve à travers la notion de « destin ». Cette multiplicité qu'évoque Dionysos se traduit par « les biens et les maux » que les Moires distribuent aux hommes. Ce ne sont pas des contraires dans le mythe, mais des notions qui, rappelons le, se complètent.

Ainsi, pour se connaître soit même, il faut s'abandonner à cette multiplicité : accepter d'être à la fois bon et mauvais, laid et beau. Il faut accepter l'intrication des complémentaires. Nous continuons d'être des monstres (« celui qui montre »), lorsque nous voulons justifier nos penchants. S'abandonner signifie que nous acceptons de faire apparaître l'épanouissement : nous n'avons plus rien a démontrer, à justifier de nos bons et mauvais côtés car nous sommes purifiés par l'acceptation de cette multiplicité. Nous ne sommes alors plus que des « étant » avec toutes les contradiction qu'il implique.



S’abandonner à une multiplicité, c'est refuser de ne considérer que le bon penchant et accepter que dans le bon penchant il y a un mauvais penchant et vice versa (le yin et le yang). Il s'agit d'accorder toute sa valeur à son instinct bestial : la beauté de l'existence n'est pas dans le souhait de devenir un saint. Hors de la notion de Saint ou de Démon, il faut réussir à ressentir le tressage qui nous entoure et se décentrer de ses propres certitudes : le « moi je pense », « moi je dis ».



Le mythe de l'androgyne est de considérer que nous avons une part de féminité et de masculinité, en chacun de nous, en plus d'une part qui nous pousse à aller vers les autres : le genre « un ». Ce genre peut être considéré comme neutre, et représentatif du tressage qui nous constitue et qui nous pousse à créer des liens, un tissage avec les autres et leur multiplicité. Ce genre sera d'ailleurs combattu par les dieux Olympiens car ils ne représentent que le genre masculin ou le genre féminin.



Cet abandon de soi se nomme : ENCATALEIPSIS. C'est l'acceptation du risque, du changement, du dynamisme.



Dans la représentation Dionysiaque, le personnage de droite qui regarde en arrière et qui cour vers l'avant défini ce dynamisme : il ne fuit pas ce sacrifice, mais il le regarde pour se souvenir qu'il provient de ce sacrifice et qu'il se dirige dans une direction qui vient de ce sacrifice.



Prenons l'exemple des moines du Sinaï :



Ils combattent la tentation de la chair, la « pornographia », l'avarice, la colère et tout les vices attribués à l'homme. Malgré leurs efforts et leur combat, il reste encore un démon en eux, qui fait ressortir tous les autres : celui de la « vaine gloire ». La vaine gloire représente le désir d'obtenir de la considération à travers un acte héroïque, même si cet acte représente un accomplissement personnel et qu'il est hors de toute intentionnalité.

Ce phénomène met en avant l'idée nous en avons jamais fini avec la tentation et les penchants. Il faut se réconcilier avec ses penchants en considérant que dans le mauvais penchant, il y a aussi le bon penchant.

Nous existons à travers l'abandon au penchant : ce n'est pas une régression, mais plutôt un « lâché prise » de nos certitudes.



Le professeur utilise un exemple de la vie courante pour illustrer ces propos :



Lorsque nous avons un ami qui nous annonce une très bonne nouvelle, nous allons dans son sens. On va apporter à cet ami ce qu'il attend de nous : une écoute. Il a besoin que l'on se « penche » vers lui. Dans ce penchement, on peut se découvrir une capacité d’hypocrisie. Mais c'est surtout une capacité d'écoute qui se révèle lorsqu'on va dans son sens : elle nous procure de la joie. Fondamentalement, la nouvelle de notre ami ne nous intéresse pas : mais dans l'écoute de l'autre, nous abandonnons nos certitudes, et nous acceptons de nous comprendre.

L' Encataleipsie est aussi la faculté que nous avons à nous étonner lorsqu'un événement remet en cause nos certitudes.




Nous avons choisi le film « V pour Vendetta » (James McTeique 2006), pour mettre en valeur la notion de multiplicité et de tressage mythique :



Dans se film, l'héroïne Evey Hammond, va être torturé et interrogé dans le but de découvrir l'identité d'un dangereux criminel aux yeux de l'état. Elle va alors s'abandonner à elle même et oublier toute ses certitudes : elle se rapproche de son être et du mythe, à travers son expérience d'Encataleispsis qu'elle vit dans sa cellule. A sa sortie, la première chose qu'elle fait est de sortir à l'air libre sous la pluie, et plus proche que jamais de son être et du mythe elle dit : « Dieu se trouve dans chaque goutte de pluie ». Elle exprime ainsi, de façon imagée, la multiplicité de Dieu et du mythe qui se trouve en chacun de nous et en chacune des particules de l'univers. En se rapprochant d'elle même et de son « être », elle s'est aussi rapprochée du tressage et de la multiplicité mythique.






Le banquet de Platon et l' Encataleipsis (corpus 3)



Le banquet de Platon se définit en deux moments : le moment qui ouvre le banquet et le moment qui le ferme.

C'est l'historie d'Arsitodème qui accompagne Socrate au banquet d'Agathon. Il est invité par Socrate, qui a un penchant pour cet ami. Les compagnons marchent vers la demeure d'Agathon lorsque Socrate qui ralenti sa marche au fur et à mesure, demande à son compagnon d'aller vers la maison sans se soucier de lui. Aristodème arrive seul chez Agathon, qui l’accueille avec une hypocrisie bienveillante en lui demandant où est Socrate. N'ayant pas de réponse, Agathon envoie un esclave à sa recherche : il a trouvé Socrate prostré dans le vestibule des voisins. Le banquet commence sans Socrate qui n'arrivera qu'à la moitié du festin : les convives commencent alors à disserter sur l'amour. Quand Socrate arrive, Agathon lui demande ce qui l'a retenu dans ce vestibule : on se saura vraiment la signification de cette prostration que à la fin du banquet. On apprend alors que Socrate est dans le « pli de sa pensée » : son esprit se situe à la formation de sa pensée, il est en connexion avec le mythe. Il s'est abandonné à lui même et ses penchants. Socrate, dans ce vestibule, vit un état d'Encataleipsis : il lâche prise, et abandonne ses certitudes. On ne saura pas ce qui s'est passé dans la tête de Socrate à ce moment précis.



Le vestibule représente l'espace devant la porte des demeures : c'est un espace sacré où parfois les morts sont enterrés. Ce n'est donc pas une coïncidence si sa connexion avec le mythe se fait dans se vestibule : il est en totale résonance avec ses ancêtres, qui représentent dans le tressage mythique, ce qu'il a vécu et ce qu'il est en train de vivre. Il se trouve dans un état qui est hors de tout raisonnement : il se trouve en approche avec son être.



Lorsqu'un ami nous confie une lourde pensée, qui touche nos émotions, il se produit un phénomène de concentration maximal : on écoute son ami au point d'être frappé par ses dires de manière à ce que cela nous renvoie à notre propre sensibilité. Nous oublions nos certitudes et entrons en état de Encataleipsis. Cet état est temporaire, et lorsque l'on s'abandonne à cette dynamique, il se produit une coïncidence : il y a un penchant pour l'autre, qui entraîne un phénomène d'identification de son être dans les propos de l'autre. A travers l'écoute de l'autre se produit en nous un phénomène de catharsis.

Il faut donc être en résonance avec l'autre pour finalement se retrouver en résonance avec soi même.



Dans la seconde partie du banquet, il y a des fêtards qui prennent part au festin et tout le monde se morfond dans l'ivresse de l'alcool. A la fin du banquet, tout le monde dort ivre mort, sauf Aristodème qui se réveille et qui décrit la scène qu'il voit. Il raconte que à la levée du jour, à l'aube, une révélation se manifeste : Aristophane, Agathon et Socrate sont toujours assis à discuter et à boire. Socrate n'est pas ivre et son discours est la mise en mot de ce qu'il a perçu dans le vestibule. Il dit à Agathon qui est auteur de tragédie, et Aristophane auteur de comédie, que le dramaturge est fondamentalement celui qui fait des tragédie et des comédies. Ses propos signifient que l'unité mythique émerge dans la multiplicité.



Socrate devient mythe alors qu'il n'est pas encore mort. Il boit la cigüe, condamné comme celui qui a corrompue la jeunesse en lui donnant la possibilité d'avoir une liberté de penser. Socrate aurait pu fuir et partir mais il lâche prise et décide de se laisser exécuter : il meurt.

Ses dernières paroles çà ses disciples effondrés sont : « N'oublie pas, nous devons sacrifier un coq à Asclépios ».



Asclépios est le dieu de la médecine, mais aussi un dieu chaman : au moment de mourir
Socrate renaît à travers le mythe. Il utilise cette dernière phrase dans le but d'évoquer la tolérance mythique, pour lesquelles il a été lui même condamné : du sacrifice de l'un dépend le salut des autres.







Cours n°9

Cours 9



Étymologie :



Tirésias : (Wikipedia)



Dans la mythologie grecque, Tirésias est un devin aveugle de Thèbes. Fils d’Évérès, lui-même fils du Sparte Udée, et de la nymphe Chariclo, Tirésias a trois filles : Manto, Historis et Daphné. Il est, avec Calchas, l'un des deux devins les plus célèbres de la mythologie grecque.



Hybris : (Wikipedia)



Est une notion grecque que l'on peut traduire par démesure. C'est un sentiment violent inspiré par les passions, et plus particulièrement par l'orgueil. Les Grecs lui opposaient la tempérance, et la modération. Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime. Elle recouvrait des violations comme les voies de fait, les agressions sexuelles et le vol de propriété publique ou sacrée. On en trouve deux exemples bien connus : les deux discours de Démosthène, Contre Midias et le Contre Conon.



Hermès : (Wikipedia)



Dans la mythologie grecque, Hermès, est une des divinités de l'Olympe. Il est le messager des dieux, donneur de la chance, l'inventeur des poids et des mesures, le gardien des routes et des carrefours, des voyageurs et des voleurs. Il guide les héros et conduit leurs âmes aux Enfers.



Titanomachie : (Wikipedia)



En grec ancien Titanomakhía « combat contre les Titans ») est un épisode de la mythologie grecque racontant la lutte entre les Titans, première génération de dieux menés par Cronos, et Zeus, allié aux Hécatonchires et aux Cyclopes.





Tirésias est un prophète, grand prêtre de l'oracle, il est le devin de Thèbes. Il intervient sur plusieurs épisodes d'Oedipe (« ne cherche pas à connaître la vérité »).

La vérité est du domaine de l'être elle n'est pas approchable par l'étant. De plus, Tiresias a connu les 2 sexes :il était Bisexuel. Il a d'abord été un homme, puis femme, puis à nouveau homme.





Le serpent est au cœur du mythe, il fait écho à Hermès et les serpents du Caducée Le caducée est un des attributs du dieu Hermès dans la mythologie grecque, représenté comme une baguette de laurier ou d'olivier surmonté de deux ailes et entouré de deux serpents entrelacés. Le caducée sert à guérir les morsures de serpents et c'est pourquoi il en est orné.














Tirésias avait vu Athena nu, il voit la sagesse. Or Tirésias est un « étant ». Il ne peut atteindre qu'un reflet de cette perception. Tirésias n'était qu'adolescent quand il surprit Athéna se baignant nue dans dans une source du mont Hélicon. La déesse, dont la chasteté est absolue, vit comme une atteinte à sa pudeur cette indiscrétion de Tirésias. « Athéna lui mit alors les mains sur les yeux et le rendit aveugle ».(Apollodore III, 6, 7)



La mère de Tirésias supplia Athéna de rendre la vue à son fils. La déesse refuse mais consent à alléger sa sentence. « Elle lui purifia les oreilles, et cela lui permit de comprendre parfaitement le langage des oiseaux ; puis elle lui donna un bâton de cornouiller, grâce auquel il marchait comme les gens qui voient » (Apollodore III, 6, 7). Athéna lui donna aussi également une vie plus longue que celui des mortels et le pouvoir de garder ses dons aux Enfers.



Il existe d'autres récits sur la perte de la vue de Tirésias. Jeune homme, il se promenait sur le mont Cythéron en Arcadie lorsqu'il découvrit deux serpents entrelacés. Il se mit à les frapper de son bâton. La femelle périt mais il fut lui-même aussitôt métamorphosé en femme. Elle (il) appartenait depuis sept ans au sexe féminin quand, toujours au cours d'une promenade, elle (il) tomba de nouveau sur deux serpents accouplés (une variante de la légende dit qu'il avait rencontré en fait chaque fois le même couple de serpents et qu'il n'en avait tué aucun). De nouveau, elle (il) les attaqua, tuant cette fois le mâle et faisant fuir la femelle. Alors elle (il) redevint un homme aussitôt.



D'autres versions ont cours, concernant l'acquisition de son don de devin. Un jour, une querelle s'éleva entre Zeus et Héra pour savoir qui, de l'homme ou de la femme, éprouvait le plus de plaisir en amour. Zeus prétendait que le plaisir de la femme était le plus intense. Héra n'en voulait rien croire. Tirésias fut choisi comme arbitre en raison de sa double expérience et il rapporta que la femme éprouve neuf fois plus de plaisir que l'homme. Vexée d'être contredite et de voir un secret trahi, Héra frappa Tirésias de cécité en raison de ce qu'elle jugeait être son "aveuglement". Zeus, qui ne pouvait pas réparer les dégâts causés par son épouse, consola Tirésias en lui accordant le don de prophétie et la compréhension du langage des oiseaux.


Tirésias exerça partout ses talents. Il avait sa demeure près de Thèbes et se faisait assister dans ses sacrifices par un adolescent. Avec Cadmos, il instaura le culte de Dionysos à Thèbes alors que Penthée, fut mis en pièces par des Ménades déchaînées auxquelles s'était jointe sa propre mère.



Nous mortel, « étant », nous n'avons pas accès à la vérité, nous ne pouvons que tendre, approcher une vérité.

François Roustang  dans « La fin de la plainte », fait référence au parallèle entre Narcisse et Psyché.

Psyché est celle qui ne peut peut pas voir la forme d'Eros. Car elle voit son amant durant la nuit et il lui demande de ne pas chercher à connaître son identité. Toutes les nuits, il lui rend visite puis la quitte avant l'aurore. La jeune femme apprécie de plus en plus les étreintes et les mots doux qu'ils échangent alors. Rien ne manque au bonheur de Psyché, si ce n'est de connaître le visage et le nom de son amant nocturne Ses deux sœurs jalouse de son bonheur, cherchent à persuader Psyché que son époux n'est rien d'autre qu'un horrible monstre qui finira par la dévorer. Terrifiée à cette idée, elle profite du sommeil de son amant pour allumer une lampe à huile afin de percer le mystère. Elle découvre alors le jeune homme le plus radieux qu'elle ait jamais vu. Mais une goutte d'huile brûlante tombe sur l'épaule du dieu endormi, qui se réveille aussitôt et s'enfuit, furieux d'avoir été trahi.



Narcicce quant à lui est prisonnier du « corps », il voit son reflet au bord de la rivière  et va en tomber amoureux. Cette malédiction lui vient de la nymphe Echo. Il reste alors durant plusieurs jours à se contempler et, désespéré de ne jamais pouvoir rattraper sa propre image. Il finira par mourir. À l'endroit où son corps était, il retrouve à la place des fleurs blanches : ce sont les fleurs qui aujourd'hui portent le nom de narcisses.



Narcisse qui en essayant de se connaître va mourir. Narcisse refuse l'amour. Elle est condamnée à ne répéter que les dernières syllabes de Narcisse et n'arrive pas à communiquer avec lui : il y a un ordre indissociable, le corporel et l'incorporel.



Narcisse et Oedipe passent de l’ignorance à la connaissance, un cheminement qui se traduit par un renversement brutal de leur situation, qualifiée pour Oedipe par le terme d’hybris et pour Narcisse par celui de superbia. Narcisse dit « Iste ego sum ; sensi nec me mea faillit imago » qui signifie « celui-là c’est moi, je m’en rends compte et mon image ne me trompe plus » . Mea et imago vont de paire et sont reliés par le verbe fallit et sont complément me.



Narcisse se rend compte que c'est lui même mais il persiste quand même dans son amour. Il y a un désir fou de s'unir à lui même. Il souhaite se posséder.



Nous appartenons à quelque chose de beaucoup plus grand que nous même, dont nous ne sommes qu'une manifestation. Qui est le mythe à la divinité.

Le mythe de Narcisse nous conforte à un serpent dont la forme représente cycle qui nie la notion de contraire, où il n'y a pas de commencement et de fin. Cela tourne en rond. Tout comme l'Ouroboros,

Ouroboros désigne le dessin d'un serpent ou d'un dragon qui se mord la queue. Du Latin uroborus qui signifie « qui se mord la queue ». Il est représenté très souvent sous la forme d'un serpent se mordant la queue. Il représente le cycle éternel de la nature.On retrouve l'Ouroboros en Chine, en Egypte et en Inde.












Eros ou Cupidon chez les Romains, était la divinité de l'Amour. Dans la Théogonie d'Hésiode et chez les Orphiques, Eros est considéré comme un dieu créateur et l'un des éléments primordiaux du monde. Il serait le premier dieu, né de l'œuf primordial, sans lui aucun des autres dieux ne seraient nés.
Depuis le VI ième siècle avant notre ère, il est d'abord le dieu de la passion; à ce titre, il a inspiré presque tous les poètes et les artistes. On dira même qu'il est le fils d'Aphrodite et d'Hermès (ou d'Arès); c'est ainsi, par exemple, que le décrit Agathon dans le Banquet de Platon.
Mais d'après des sources plus récentes il serait en réalité le fils d'Iris et du vent d'Ouest (Zéphyr).



Comme le serpent qui se mort la queue, comme un cycle, il est donc important que les hommes du mythe Thébain soient bi.

Il y aura toujours un bon penchant dans le mauvais penchant, quelque chose de fondamental dans le vulgaire.

Il y a toujours eu des paradoxes antiques, comme par exemple, la distance parcourue par la flèche de Zonon.

« Dans le paradoxe de la flèche, nous imaginons une flèche en vol. À chaque instant, la flèche se trouve à une position précise. Si l'instant est trop court, alors la flèche n'a pas le temps de se déplacer et reste au repos pendant cet instant. Maintenant, pendant les instants suivants, elle va rester immobile pour la même raison. Si le temps est une succession d'instants et que chaque instant est un moment où le temps est arrêté, le temps n'existe donc pas. La flèche est donc toujours immobile à chaque instant et ne peut pas se déplacer : le mouvement est donc impossible. »



La réalisation du grand secret n'est qu'une approche de la vérité, sans jamais l'atteindre. En mourant on approche pas de la vérité, on redevient « 1 » avec la vérité.

L'énigme de Mirnos le Crétois qui dit que les crétois sont menteurs, en disant ça il devient menteur. Mais en réalité ils sont pas menteur et lui non plus. Ici il y a les 2 contraires. Un homme qui n'est pas un homme vise un oiseau qui n'en est pas un, sur un arbre qui n'en est pas un, avec une pierre qui n'en est pas une, et le rate. l’énigme ne peut être que résolue que si  « l'étant » et le « n'étant » pas peuvent parfaitement coexister. Pour un logicien, « un homme qui n'est pas un homme » est impossible. Ici l'énigme relève purement de contraire dans le sens de la logique. L'eunuque vise une chauve souris, avec une ponce sur un sureau.



Dans Harry Potter, Les reliques de la mort forment un tout, elles sont liées. Tout comme Harry qui possède une partie, de Voldemort en lui mais réussi à le vaincre tout de même.

Le fantasme et le physiologique sont liés :

Actéon va avoir accès à ce qui n'est pas accessible à un étant. Il surprend Artémis nue, prenant un bain. Actéon est aussi un chasseur à Thèbes, et finira châtié pour avoir vu Artémis nue. Il va être transformé, comme Narcisse en fleur. Il va se métamorphosé en cerf et se fera déchiqueté par ses propre chiens qui ne le reconnaissent pas. Tout comme Penthée, qui sera découvert et mis en pièces par les ménades, à la tête desquelles figure sa propre mère et ses deux tantes, Ino et Autonoé. Actéon est le petit fils d'Autonoé.



Il y a pas de véritable entrée et sortie au mythe. C'est comme un labyrinthe, mais dans un labyrinthe il n'y a pas de sortie. Nous sommes rentré dans le labyrinthe de la vie mais ne connaissons pas la pièce central. Il y a aurai du y avoir des choix à faire, des choix qui existe mais ne nous n'avons pas choisi. « J'aurai pu être ce que je n'ai pas été »,  Quel aurait été notre vie si nous avions choisi certains choix plutôt que d'autres ?
















Toute figures géométriques naît d'un point qui n'existe pas en mathématique. Ce qui pourrait sembler fondamental, n'existe pas. Nous sommes pas seulement des êtres de choix mais des êtres de penser. En ce moment est en train de jouer une période de découverte. L'univers tel que nous le connaissons peut être un pli, telle une feuille. Nous ne percevons que quelques unes des dimensions qui sont disponibles. Nous avons la capacité de nous auto distraire ou nous reconstruire. Est ce que le corps continu à croire, dans la tombe ?



Il y a une poursuite de l'existence en post-mortem. Des cellules sont toujours présentes. Quand nous nous pétrifions nous atteignons en état de dynamisme.

Dans un labyrinthe le but n'est pas de trouver la sortie mais de se perdre. C'est une sorte d'exaltation. En se perdant nous faisons attention à tous les détails. On entre dans un espace temps qui n'est pu de notre quotidien. Marcel Proust dit « Je pense donc j'ai agi ». On se rend compte de se qu'on perd que lorsque l'on a perdu. C'est que à partir du moment ou nous sommes réellement perdu qu'on réfléchis sur ce qui nous arrive dans ce labyrinthe.