lundi 17 décembre 2012

Cours n°1

Histoire des mythes



Le Fonctionnement du Blog :
  • Les définitions sont données à titre indicatif. Nous les jugeons comme pertinentes et nécessaires à la compréhension du cour.
  • Les traductions sont présentes dans le but d'appuyer les propos du cour et la signification de certains propos.
  • Les mots soulignés, sont considérés comme importants, et ont une pertinence dans l'explication des propos. Ils sont souvent expliqués à travers le cour.


Cours 1



Ce cour semble nous être le plus important et peut être le plus fastidieux à comprendre. Néanmoins sa compréhension, même partielle est importante pour les autres cours et le fond même des propos qui seront présentés tout au long des cours.





Les Définitions :

Mythe : (Dictionnaire de l’académie française)

Du bas latin mythos, du grec muthos, « récit, fable ».

  1.  Récit fabuleux, transmis par les traditions, qui contient en général un sens allégorique. Mythes égyptiens, grecs.
  1. Récit à caractère poétique par lequel un philosophe donne à entendre sa conception de certaines réalités.
  1. Représentation qu'un ensemble d'individus, en fonction de ses croyances, de ses valeurs, se fait d'une période, d'un fait, d'une idée, d'un personnage.
  2. Se dit de ce dont on entend parler mais qu'on ne voit jamais, de ce qui n'est qu'un produit de l'imagination, une fiction.


Histoire : (Dictionnaire de l’académie française)

Relation, connaissance des faits relatifs au passé des sociétés humaines ; suite, ensemble de ces faits.


Repère : (Dictionnaire Larousse)

Trace, indice, marque. Marque ou objet permettant de s'orienter dans l'espace, de localiser quelque chose, d'évaluer une distance,une mesure, une valeur.


Battement : (Dictionnaire de l’académie française)

Mouvement répété de va-et-vient ; bruit qui, parfois, en résulte.


Réalité : (Wikipédia)

Le mot réalité(du latin res, la chose) désigne le caractère de ce qui existe effectivement, qui est concret.

Éternel : (Dictionnaire de l'académie française)

  • Emprunté du latin chrétien aeternalis, « qui est hors du temps ».
  • Qui n'a pas eu de commencement et qui n'aura pas de fin.
  • Qui est hors du temps, qui n'est pas soumis aux fluctuations du temps ; immuable.



Traductions du Latin:

ABURBE CONDITA, écris de Tite-live : A partir de Rome.

RES GESTAE : Les dits du héros.

LEGENDA : Il faut dire.


Traductions du Grec :

TOPOS : Le lieu.

CORA : Le lieu et son environnement ainsi que toutes les interactions qui existent entre cet espace et ce qui y vit.

(l'orthographe du mot CORA varie dans le cour du professeur, mais son sens reste le même, et chaque orthographe proposée est acceptable).

MUTHOS : Dire.

LOGOS : Logique.

LEGUEÏN : Dire, Lire, Élire. Qui se rapporte au rassemblement, au « battement ».






La prédilection implique par définition qu'il y ait un fait avant l'action, qui en est la cause. Souvent, la prédilection concerne la fin d'un cycle et non pas une destruction (en référence à une apocalypse). D'ailleurs, la fin du monde n'est pas assimilable à la fin de la race humaine : cela peut être la fin d'un monde tel que les hommes le connaissent, et le début d'un autre. (en référence au cycle).

Dans la formule très connue : « il était une fois », le pronom « il » représente le mythe, le cycle, ce qui était là avant le commencement : c'est l'élément qui va engendrer le commencement.

Est- ce que c'est un homme qui élit un lieu ou est-ce le le lieu qui élit l'homme ?

Certains signes définis comme sacrés par certaines croyances, peuvent êtres à l'origine de la construction d'un temple ou de l'observation du ciel, en certains lieux précis : il s'agit alors d'un rassemblement d'hommes, amenés en cet endroit par ce que nous définissons être le mythe . Le mythe représente ici les fondements (référence à ce qui est fondamental), qui ont prédisposé un lieu précis au rassemblement de l'homme, qu'il s'agisse d'un signe sacré, ou bien de tout autre phénomène interprétable par l'homme : par exemple le lieu est chargé positivement et négativement.

Le mythe est présent avant le commencement. Il est présent avant l'histoire (cf. définitions): on ne peut donc pas définir la chronologie d'un mythe. On ne peut pas enseigner le mythe, ou même l'écrire du fait de son intemporalité, de son immatérialité. Le mythe ne peut être définit par les repères régis dans notre culture ou nôtre conception du monde.

De ce fait il n'y a pas une unique version d'un mythe. Un mythe ne peut être assimilé à un schéma unique dans le sens où son interprétation serait flagellée. Il serait soumis à nos repères : par exemple ce que l'on appelle « commencement », d'une chose ou d'un événement. En effet, le « commencement » est un repère (temporel), alors que le mythe est lui même hors de tout repère.

Nôtre connaissance est elle même basée sur ces repères que nous avons établis. Il en découle donc que le le mythe n'est pas accessible à nôtre connaissance : on ne peut en définir une version précise ou unique.

Le mythe est hors de nôtre champ de connaissances ou de repères : il y a donc autant de versions d'un mythe, que de consciences qui veulent accepter son existence. Il n'y a pas de rationalité dans le mythe ou de logique tel que nous l'entendons.

Il n'est pas question de comprendre le mythe, mais d’accepter le mythe comme un phénomène qui dépasse notre conscience, bien que nous pouvons le considérer : nous sommes nous même un phénomène du mythe, ou plus vulgairement son prolongement dans notre réalité (la partie visible de l'Iceberg).

Il y a une différence entre la distinction du réel et le mythe, dans la mesure où le mythe ne fait pas partie de ce que nous considérons comme notre réalité.

Dans la réalité du mythe, il y a ce que l'on appelle la coïncidence des contraires : on ne peut dissocier les opposé. C'est à dire que dans ce raisonnement il n'y a pas de contraire comme nous l'entendons mais plutôt deux notions qui se complètent et qui ne peuvent exister l'une sans l'autre (notion de ying et de yang).

La notion de TOPOS et de CORA :

Topos est le terme utilisé pour désigner un lieu, dans le sens presque géologique voir topographique du terme : c'est un emplacement dans l'espace.

Cora est le terme utilisé pour désigner un lieu, dans le sens où il représente un environnement, une biosphère, qui produit des interactions avec les êtres qui y vivent, et qui est à l'origine des interactions entre ces mêmes êtres.

Pour l'exemple, les écris de Tite-live (ABURBE CONDITA), explique l'histoire de Rome depuis son commencement. Il explique qu'il n'y a pas d'archives qui relatent les origines même de la construction de Rome, et que Rome aurait été construite à partir de légendes (LEGENDA) : donc des paroles. Ici la notion de Cora peut expliquer comment un lieu, en rassemblant des conditions précises et en créant des liens, des interactions avec les êtres qui l'habitent, va engendrer la construction d'une cité dans cet espace plutôt qu'un autre. C'est interactions représentent les LEGANDA, qui sont à l'origine de la construction de Rome.

Pour marquer la différence entre Topos et Cora, voici un autre exemple : celui de Narcisse. Le reflet de Narcisse persiste dans l'eau même lorsqu'il n'est plus face à l'eau. En effet c'est le reflet des interactions que Narcisse a avec son environnement, et qui le définissent (sa personne et son image), qui vont apparaître alors dans l'eau en son absence. Topos ne représente que le lieu dans sa configuration matérielle, et non pas son interaction avec ce qui l'habite.

La notion de MUTHOS et de LOGOS:

Platon, philosophe au 5ème siècle avant J-C, définit Muthos et Logos comment étant : le premier synonyme de dires, et le second synonyme de logique. Il est à l'origine d'un contre sens car Muthos et Logos signifient initialement la même chose : PAROLE. Le terme parole ici, est a comprendre dans le sens de « parole auto disante ». C'est à dire que la parole est en dehors de toute logique tel que nous la connaissons, hors de tout repère : elle se fait écho pour manifester sa propre existence, et dans un prolongement, l’existence de celui qui l'utilise.

Exemple de parole auto disante : « l'air qui rentre dans mes poumons et qui en ressort est et reste de l'air », ou encore «  le reflux et le flux de la mer est et reste un reflux ».

Mythos est aussi une notion synonyme de « battement ». Ce battement représente un écho, une pulsation, une vibration qui est la manifestation de la vie, mais aussi une manifestation de ce qui « est », ce qui existe. L 'image d'un cœur qui bat est un très bon exemple, car ce battement représente en lui même la manifestation d'un système en mouvent, qui vit : le cœur. De plus ce battement renvoie à l'existence d'une entité plus lointaine, dans le sens où elle est intimement liée à ce même battement : l'homme qui porte le cœur dans sa poitrine.

Le battement a un rapport évident avec la  parole » tel que nous l'avons expliqué juste avant : il est la manifestation d'une existence dans nôtre réalité. De plus, en continuant dans ce raisonnement, nous pouvons en déduire que ce même battement quel que soit son origine dans notre réalité, est la manifestation même de l’existence de notre réalité : nous pouvons « ressentir » les vibrations de ce battement, qui est à l'origine des interactions que nous appelons « la réalité ».

Nous disions plus haut que la notion de mythe n'admet pas de contraires comme le bien et le mal. Ce sont plutôt des « complémentaires » dans le sens où l'un n'existe pas sans l'autre, mais aussi que les deux notions se complètent hors de toute logique et de rationalité : elles existent juste.( référence à la notion de battement et de « parole »)

Exemples : «des mauvaises ou de bonnes pensées, sont et reste des pensées ».
« le corps et l'esprit ne se différencient plus : ils ne font plus qu'un pour exister ».

Ainsi un fanatisme du Logos (dans le sens de « logique », détruit le Muthos (qui représente juste ce qui « bat », qui « est », ou qui exprime une « parole »). En effet si on reprend l'exemple au-dessus avec la notion de logique, alors « les bonnes pensées » sont meilleures que « les mauvaises pensées ». Ici les notions de ce qui est « normal » et ce qui est « anormal » sont utilisés comme repères : la notion de mythe n'a alors plus de sens. L'homme peut tuer d'autres hommes (en référence à un génocide), et se justifier par des critères de normalité ou d'anormalité, de ce qui est bien ou mal (on tue une population car elle est anormale). Dans le langage du mythe, il n'y a pas de repères : il n'y a pas de normal ou d'anormal, l'homme existe sans justification , il « est ».


Notion de LEGUEÏN :

Legueïn est une notion qui a un rapport au rassemblement : un de ses sens premier est « élire ». Le rassemblement évoqué ici, est celui des « battements » dont nous parlions, et donc qui fait écho à sa propre existence. De ce fait, tout ces « battements » qui constituent nôtre réalité, battent de concert: chaque battement produit un « écho » (au sens figuré du terme), et tout ces « échos de battements » vont constituer nôtre réalité. En somme, on peut dire que les battements se « répondent » entre eux et que ces interactions sont à l'origine de ce que l'on considère comme nôtre réalité.

Exemple :

Dans l’Odyssée de Homère, Pénélope va rassembler ses forces pour tisser et détisser la couture qu'elle prépare chaque nuit dans le but de ne jamais la finir : elle doit se marier avec l'un de ses prétendants lorsqu'elle aura achevé sa couture. Pénélope utilise ce stratagème dans le but d'éviter le mariage et d'attendre le retour d'Ulysse. Dans cet exemple, son action de tisser et de détisser est comparable à un ressort qui se tend et se détend (en référence à la notion de battement). De plus « l'attente » de Pénélope devient alors l'élan qui permet ce battement. Ce battement produit un « écho », imperceptible par Ulysse ou du moins par ses sens ( ce qui lui permet de se repérer), mais qui rentre en interaction, en résonance, avec le battement d’Ulysse : tout les efforts qu'il va fournir pour rejoindre Pénélope. Cette interaction ou résonance, est à l'origine de la réalité constitué par les deux personnage : leur réalité.

Notion de ÊTRE et de ETANT :

« Chrê te legueïn te noeïr t'éon emmenaï » (Grec)
Traduction : « Il faut rassembler et garder en son cœur que l'étant est ».
poser devant veiller à ce que

A travers cette phrase se dégage la notion de « étant » et la notion de « être ».

L' Étant : c'est un phénomène éphémère, qui désigne tout ce qui apparaît, tout ce qui devient, et tout ce qui disparaît. Plus vulgairement, c'est « l'être » en tant qu'individu : nous sommes des « étant », car nous naissons, vivons, mourrons. Nous somme de passage dans ce que nous appelons la vie : nôtre réalité en tant qu'être vivants. L'après vie (ce que nous appelons la mort) et l'avant vie (aussi dans le sens de mort), est une autre réalité. D'ailleurs, dans le sens de ce raisonnement, nous ne pouvons comprendre cette autre réalité puisqu'elle n'est pas la nôtre.

L' Être: c'est ce qui anime l'étant, qui ne cesse jamais « d'être » dans le sens où c'est une force qui nous anime, un battement (l'image de nôtre cœur qui bat), qui résonne, qui est à l'origine de nôtre réalité, à l'origine du sens de nôtre existence. L'être n'a pas de début, ni de pendant, ou de fin (il n'a pas de repères) : il est ce que nous appelons éternel. L'être nous définis hors de nôtre réalité, en tant que battement éternel.

Ainsi nous sommes des « étant » et nous sommes animés par « l'être ». Pour donner une image abstraite de ces propos : nous pouvons dire que « l'être » incarne « l'étant » et l'anime, le fait vibrer dans sa réalité dont il est l'origine. Si nous nous considérons seulement d'un point de vue « d'être », alors nous sommes immortels.

Pour illustrer ce dernier propos, je me permet de citer un « dicton » romain, en référence au film Gladiator (de Ridley Scott) :

« ce que vous faites de vôtre vivant (en référence à l'étant), résonne dans l'éternité (en référence à l'être) ».










Finalement, nous ne sommes que des symptômes de l'être à travers nôtre réalité, et nous participons à quelque chose qui est éternel.






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